Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach : genèse, travail et interprétation de l'œuvre

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Thibault M
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Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach : genèse, travail et interprétation de l'œuvre

Message par Thibault M » lun. mai 10, 2021 1:53 pm

Bonjour,

Je suis à la recherche d'informations sur la genèse de l'œuvre d'Offenbach : "Les larmes de Jacqueline".

Par endroits on peut lire qu'elle a été écrite en 1946 (blogs), ailleurs en 1851 (https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des ... note-Yon-8)

en 1853 (https://www.musicologie.org/Biographies ... cques.html),

inspirée d'une oeuvre littéraire de Arsène Houssaye. Sauriez-vous laquelle ?

On trouve aussi (https://timenote.info/fr/Jacques-Offenbach) que Jacqueline était la fille d'Offenbach et qu'elle lui aurait inspiré cette œuvre, mais elle est née en 1956.

L'œuvre a été dédicacée à Mme Arsène Houssaye, il s'agit donc probablement de sa première femme : Anne Stéphanie Bourgeois, morte en 1854 (il s'est remarié en 1962). La dédicace a-t-elle été faite après sa mort ?

Une opérette d'Offenbach, nommée Jacqueline (Livret de Pol d'Arcy) a été créée en 1963, y a t-il un lien entre ces Jacqueline ? Qui est Jacqueline ?

Bref, ayant ce morceau depuis peu dans mon repertoire, j'aimerais bien avoir davantage de clés de lecture, mais difficile de s'y retrouver plus de 2 siècles après.

Merci pour votre aide !
Modifié en dernier par Thibault M le mer. juin 02, 2021 4:59 am, modifié 1 fois.

kerry117
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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach

Message par kerry117 » lun. mai 10, 2021 3:48 pm

En ce qui concerne les dates, elles peuvent être différentes si l'on prend en compte la date de création, la date de publication de chacune de pièces de op 76, ou celle de du recueil.

En ce qui concerne Jacqueline, j'ai trouvé ceci aux éditions Schott

"Le fait que ce merveilleux cycle ne soit pas connu contraste singulièrement avec la célébrité de sa dernière pièce, les Larmes de Jacqueline, qui fait partie des plus belles mélodies créées par Offenbach. Alors que la Chanson de Berthe, la deuxième pièce de ce volume en hommage à Berthe, la fille aînée d’Offenbach, est parue en 1853 sous le numéro d’opus 76, Jacqueline ne désigne pas la quatrième et plus jeune fille du compositeur.

Cet intemporel, publié plusieurs fois en tant que pièce seule, se réfère à un récit du poète et directeur de théâtre français Harsène Houssaye, ami du compositeur, qui s’inspire de la tradition des chansons populaires françaises (« À la claire fontaine », « Ne pleure pas Jeannette ») : un amour malheureux reflété par une description romantique de la Nature.
Les Harmonies des bois sont ici proposées pour la première fois depuis leur première édition dans une version moderne et critique, avec le texte original d’Houssaye traduit en allemand et en anglais."

Thibault M
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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach

Message par Thibault M » lun. mai 10, 2021 5:54 pm

Hello Kerry, et merci pour ces précieuses informations.

Mme Arsène Houssaye n'était donc pas décédée lors de la dédicace d'Offenbach.
Une idée pour trouver le texte original d’Houssaye ?

"un amour malheureux reflété par une description romantique de la Nature"... Comment ne pas penser aux peintures de Corot ? Peut-être se fréquentaient-ils, les deux artistes ayant créé sur le thème d'Orphée aux enfers à la même période.

J'essaye d'imaginer à quoi la vie ressemblait à cette époque. Un sacré bazar il me semble. Et artistiquement, un paroxysme peut-être.

kerry117
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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach

Message par kerry117 » lun. mai 10, 2021 7:08 pm

Thibault M a écrit :
lun. mai 10, 2021 5:54 pm
Une idée pour trouver le texte original d’Houssaye ?

Si j'ai bien compris, le texte original se trouve dans la partition éditée par Schott. Je l'ai commandée tout à l'heure, donc à suivre...

kerry117
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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach

Message par kerry117 » mer. mai 12, 2021 4:38 pm

La composition d’Offenbach aurait été inspiré par un conte éponyme publié par Houssaye en 1850 dans son recueil « Poésies complètes »
Ce texte a été lu par une sociétaire du Théâtre Français en préambule d’une exécution faite par Offenbach à la salle Pleyel le 16 avril 1852
Arsène Houssaye
Les Larmes de Jacqueline
I.
En ce temps-là, près de l’abbaye, était une fontaine.
Une petite fontaine qui coulait, coulait dans l’oseraie, l’ajonc et l’herbe fleurie.
Dans la fontaine, un grand saule baignait ses cheveux verts ; sous le grand saule,
Jacqueline venait tous les soirs à l’heure où les fleurs de nuit ouvrent leur calice.

II.
Jacqueline ne venait pas sous le grand saule pour boire à la fontaine.
Car, à l’heure où les fleurs de nuit ouvrent leur calice, son ami Pierre était sous le grand saule.
Son ami Pierre, un forgeron du pays, le beau forgeron au regard fier et doux.
Tous les soirs ils cueillaient de la même main des petites fleurs bleues qui émaillaient les bords de la
fontaine. Et quand les fleurs étaient cueillies, l’ami
Pierre les baisait et les cachait dans le sein de la belle Jacqueline.
Ah ! Jamais sous le ciel où est Dieu, jamais on ne s’était aimé avec pareille joie.
III.
Quand Jacqueline arrivait sous le grand saule, il devenait pâle comme la mort.
« Ami, disait-elle, jure-moi d’aimer ta Jacqueline aussi longtemps que coulera la fontaine.
Á quoi l’ami Pierre répondait : « Aussi longtemps que coulera la fontaine, aussi longtemps j’aimerai
la belle Jacqueline aux cheveux d’or. »
Il jura, mais un jour elle se trouva seule sous le grand saule.
IV.
Elle cueillit de petites fleurs bleues en attendant :
mais il ne vint pas cacher le bouquet dans la brassière rouge.
Elle jeta les fleurs dans la fontaine et elle s’imagina que la fontaine pleurait avec elle.
Le lendemain, elle vint un peu plus tôt et s’en alla un peu plus tard.
Elle attendit ; les rossignols chantaient dans les bois,
le bœufs mugissaient dans la vallée.
Elle attendit ; la cloche de l’abbaye sonnait l’Angélus,
la meunière de Nogent chantait sa joyeuse chanson.
Huit jours encore Jacqueline vint. « C’est fini, dit-elle, c’est fini ! »
Les soldats du roi passaient par le rivière. « Ah ! oui, dit-elle, il est parti pour aller à la guerre. »
Elle alla frapper à la porte de l’abbaye : « c’est une pauvre fille qui veut n’aimer que Dieu. »
V.
On coupa ses beaux cheveux d’or, on renvoya à sa mère sa brassière rouge et son anneau d’argent.
Cependant il revint, lui, le forgeron.
« Où es-tu, Jacqueline, Jacqueline, où es-tu ?
La fontaine coule toujours, voilà l’heure où les pigeons blancs s’en vont au colombier, l’heure où les fleurs de nuit ouvrent leur calice. Où es-tu, Jacqueline, où es-tu ? »
L’ami Pierre vit passer Jacqueline sous la robe noire des religieuses.
VI.
« Pauvre Jacqueline, elle a perdu ses cheveux d’or ! »
Il s’approcha d’elle :
« Jacqueline, Jacqueline, qu’as-tu fait de notre bonheur ? Pendant que j’étais prisonnier de guerre, te voilà descendue au tombeau.
Jacqueline, Jacqueline, que ferai-je à la forge sans toi ?
Toi qui m’aurais donné ton cou pour reposer mes bras, ta bouche pour embaumer mes lèvres.
Toi qui m’aurais donné des petits enfants jolis comme des anges pour égayer le coin de mon feu.
Je les voyais déjà en songe jouant avec leurs petits pieds roses et souriant au sein de leur mère.
Adieu, Jacqueline, j’irai ce soir dire adieu à la fontaine, au grand saule, aux petites fleurs bleues.
Et quand j’aurai dit adieu à tout ce que j’ai aimé, je couperai un bâton dans la forêt pour m’en aller en d’autres pays. »
VII.
Le soir, quand l’ami Pierre vint à la fontaine, le soleil argentait d’un pâle rayon les branches agitées du saule.
C’était un jour de chasse ; l’aboiement des chiens et le hallali des chasseurs retentissaient gaiement sur la Marne.
Quand l’ami Pierre arriva sous le grand saule, il tressaillit et porta la main à son cœur.
Il avait vu une religieuse couchée dans l’herbe, la tête appuyée sur la pierre de la fontaine.
« Jacqueline ! Jacqueline ! » en tombant agenouillé.
L’écho des bois répondit tristement : Jacqueline, Jacqueline !
Il la souleva dans ses bras avec effroi et avec amour.
VIII.
« Adieu, mon ami Pierre, lui dit-elle doucement ;
depuis que je suis à prier Dieu dans le couvent, je me sens mourir d’heure en heure.
Je suis morte, ami : si mon cœur bat encore, c’est qu’il est près du tien.
J’ai une grâce à te demander : tout à l’heure, enterre-moi ici : je ne veux pas retourner au couvent, où l’on a le cœur glacé.
Enterre-moi ici, mon ami Pierre ; j’entendrai encore couler la fontaine et gémir les branches du saule. Dans les beaux soirs du mois de mai, quand le rossignol chantera ses tendresses, là-bas dans les bois, je me souviendrai que tu m’as bien aimée. »
IX.
Quand elle eut dit ses paroles, il s’écria :
« ma belle Jacqueline est morte ? ! »
La lune, qui s’était levée au-dessus de la montagne, vint éclairer la fontaine d’une douce et triste clarté. Pierre reprit son amie dans ses bras, lui dosant mille paroles tendres, croyant toujours qu’elle allait lui répondre.
Qu’elle était belle encore en penchant sa pâle figure sur l’épaule de son ami Pierre !
X.
Durant toute la nuit, il pria Dieu pour l’âme de sa chère Jacqueline, tantôt à genoux devant la trépassée, tantôt la pressant sur son cœur.
Au point du jour, il creusa une fosse tout en sanglotant. Quand la fosse fut profonde, il y sema de l’herbe toute brillante de rosée.
Sur le lit funèbre, il coucha Jacqueline pour l’éternité ; une dernière fois il lui prit la main et la baisa.
Sur Jacqueline, il jeta toutes les fleurs sauvages qu’il put cueillir au bord du bois et de la prairie.
sur les fleurs sauvages, il jeta de la terre, terre bénite par ses larmes.
Il s’éloigna lentement. Les religieuses à leur réveil entendirent les sanglots de Pierre.
XI.
Depuis ce triste jour, jamais le forgeron n’a battu le fer à la forge.
Depuis ce triste jour, Jacqueline a dormi au bruit de la fontaine, bruit doux à son cœur. µ
Dans les soirs du mois de mai, quand le rossignol chante des tendresses, là-bas dans les bois, elle se souvient que l’ami Pierre l’a bien aimée.
Et l’on voit tressaillir les petites fleurs bleues qui parsèment sa tombe toujours verte.
Ici finit l’histoire de l’ami Pierre et de la Belle Jacqueline, qu’un sculpteur, poète de son temps, avec la langue des pierres, écrivit sur les bas-reliefs de l’abbaye.

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lamajeur
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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach

Message par lamajeur » mer. mai 12, 2021 4:47 pm

Merci.
Avec un second violoncelle, on discute, avec un piano, on obéit.

kerry117
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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach

Message par kerry117 » jeu. mai 13, 2021 2:00 pm

Petites informations complémentaires :
En1850, Arsène Houssaye, administrateur de la Comédie Française, nomme Offenbach chef d’orchestre à la Comédie Française.
la même année est publié « Poésies complètes » de Houssaye. Dans ce recueil, on l’on peut lire le conte : Les larmes de Jacqueline.
Jacqueline est l’ami de Pierre, un forgeron. Cf. le texte 2ème messages ci-dessus

L’édition critique d’Offenbach : Offenbach Edition Keck, publiée en 2018, nous informe que dès la fin 1851 Offenbach joue dans les salons Les Larmes de Jacqueline. Cela explique les différentes dates que l'on peut trouver : date de composition, de création, de publication.
Lors d’une exécution à La salle Pleyel, une actrice de la Comédie Française lit le texte écrit par Arsène Houssaye avant l’interprétation d’Offenbach. Avoir dédicacé la pièce à l’épouse de l’administrateur, lui-même auteur du texte , semble avoir facilité la prestation de l’actrice lors de l’exécution publique le 16 avril 1852, ne laissant aucun doute sur l’identité de Jacqueline : personnage d’un conte, amie d’un forgeron.

La dernière fille d’Offenbach, Jacqueline née en 1958, n’a pas pu être l’inspiratrice de cette pièce jouée dès 1951, publiée en 1853 par l’éditeur Chabal dans le recueil : Harmonies des bois.

Thibault M
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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach

Message par Thibault M » jeu. mai 13, 2021 2:04 pm

:ok: Merci Kerry

Thibault M
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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach : genèse, travail et interprétation de l'œuvre

Message par Thibault M » mer. juin 02, 2021 5:05 am

Bonjour à tous,

Je travaille à présent avec la partition arrangée par Werner Thomas-Mifune, et écoute beaucoup la version de Jacqueline Dupré, dont j'ai essayé de deviner les coups d'archet et les doigtés.

À la mesure 34 elle détache le ré bémol du groupe de croches, comme s'il "achevait" la descente précédente (fa mi bécarre mi bémol) alors que sur ma partition ce ré bémol est lié aux croches suivantes (réb fa la ré fa la etc.)

Sur la partition originale, ce réb est dans la continuité de la mesure précédente, détaché piqué comme les deux notes précédentes, mais liées, c'est à dire dans le même coup d'archet.

Ça sonne un peu étrange, non ? Comment comprenez-vous l'intention d'Offenbach ? Celle de Werner Thomas Mifune ?

Thibault

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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach : genèse, travail et interprétation de l'œuvre

Message par kerry117 » jeu. juin 03, 2021 4:50 pm

J'ai l'édition critique de Jean- Christophe Keck, publiée en 2018 Boosey &Hawkes- Bote & Bock, Berlin
Thibault M a écrit :
mer. juin 02, 2021 5:05 am
À la mesure 34 elle détache le ré bémol du groupe de croches, comme s'il "achevait" la descente précédente (fa mi bécarre mi bémol)
Le réb n'est pas lié au croches suivantes.
Musicalement le réb me semble être dans la continuité des mesures précédentes.
Thibault M a écrit :
mer. juin 02, 2021 5:05 am
ce réb est dans la continuité de la mesure précédente, détaché piqué comme les deux notes précédentes, mais liées, c'est à dire dans le même coup d'archet.
c'est effectivement ce qui est noté sur ma partition. Mais, je ne pense pas qu'il faut penser ces notes comme étant piqués. Je les pense dans le même coup d'archet avec juste la césure nécessaire pour donner une intensité dramatique.
Chante, avec ta voix, ce passage. La notation te semblera moins étrange.

Après avoir visionné plusieurs vidéos, j'ai vu le Réb dans le même coup d'archet que les 5 croches suivantes, mais cela n'empêche pas d'interpréter musicalement le Réb dans la continuité des 2 mesures précédentes et de relancer le discours musical dans le même coup d'archet.

Thibault M
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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach : genèse, travail et interprétation de l'œuvre

Message par Thibault M » dim. juin 06, 2021 1:01 am

Bonjour Kerry,
Merci de ces précisions, et du conseil. Après avoir commencé à travailler l’oeuvre en séparant le ré bémol des croches suivantes, je les joue à présent ensemble, et à force de les répéter je commence à « entendre » comment les relier aux précédentes en les gardant détachées. Ce morceau est fantastique et retranscrit très bien le drame causé par la guerre et la religion. Cependant j’imagine qu’il pourrait aussi se terminer sur un accord majeur à la toute dernière mesure : après tout l’amour est plus fort que la mort ! Je joue le do final en poussant sur 6 temps sans vibrato (do m) puis le do final tiré sur 3 temps, vibré (do M) Qu’en penses-tu ?

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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach : genèse, travail et interprétation de l'œuvre

Message par kerry117 » dim. juin 06, 2021 12:12 pm

Thibault M a écrit :
dim. juin 06, 2021 1:01 am
Merci de ces précisions, et du conseil.
Bonjour Thibault
De rien, c'est normal de partager
Thibault M a écrit :
dim. juin 06, 2021 1:01 am
Cependant j’imagine qu’il pourrait aussi se terminer sur un accord majeur à la toute dernière mesure : après tout l’amour est plus fort que la mort !
Cela peut se discuter, mais c'est au compositeur de décider.
Cela dit, plusieurs raisons valident, à mon humble avis, cette fin en mineur.
La première section est en mineur, elle se termine en majeur, mesure 55, pour annoncer la seconde section en majeur.
Terminer la pièce en majeur pourrait susciter chez l'auditeur le désir d'entendre une autre phrase.
La coda en mineur, après une cadence parfaite en majeur, est le choix d'Offenbach. Elle est certes écrite sans armure à la clé, mais il me semble qu'elle est volontairement pensée en mineur pour les 9 dernières mesures.
Mesures 160- 161 et et mesure 164-165 : accord de Dominante
au violoncelle : sol lab sol →lab est la broderie du sol mais aussi la 9ème mineure de l'accord de dominante,
Résolution de l'accord de dominante mesures 162-163 sur accord de do mineur, au violoncelle un mib qui est rejoué après le trille et de la mesure 166.
Surprise d'Offenbach : 1ère mesure de la dernière note Do qui dure 9 temps, l'accompagnement du piano ne fait entendre que des do, L'accord mineur est joué que lors des deux dernières mesures.
Thibault M a écrit :
dim. juin 06, 2021 1:01 am
Je joue le do final en poussant sur 6 temps sans vibrato (do m) puis le do final tiré sur 3 temps, vibré (do M) Qu’en penses-tu ?
J'évite de changer sur un temps et encore moins sur le 1er temps d'une mesure pour éviter d'entendre le changement de direction
Pour le vibrato tout dépend de l' amplitude qu'on lui donne.

Thibault M
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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach : genèse, travail et interprétation de l'œuvre

Message par Thibault M » dim. juin 06, 2021 12:24 pm

Super discussion, même si je ne connais pas toutes ces règles de composition, je comprend très bien ce que tu veux dire.
Je m'étais posé la question sur le sens de cette tonalité en do mineur écrite sans armure à la clé, et y avais trouvé la cohabitation de souvenirs heureux et tragiques à la fois.
Pour le changement de coup d’archet sur la note finale, tu penserais le faire sur le 6è temps ?

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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach : genèse, travail et interprétation de l'œuvre

Message par kerry117 » dim. juin 06, 2021 2:19 pm

Thibault M a écrit :
dim. juin 06, 2021 12:24 pm
Pour le changement de coup d’archet sur la note finale, tu penserais le faire sur le 6è temps ?
Je n'ai pas commencé à travailler cette pièce, donc difficile de te dire pour l'instant, cela peut dépendre de l'archet, peut-être 4 temps 1/2.
Je suis à la recherche d'un archet.
J'attends d'avoir des réponses aux questions que j'ai posées à Jean-Christophe KECK, l'auteur de l'édition critique de l'oeuvre d'Offenbach, musicologue, et chef d'orchestre.
J'aime bien, avant de commencer, avoir les réponses à toutes mes questions et faire une préparation du travail avec la partition sur la table, sans l'instrument. Cette méthode de travail me permet de gagner du temps, d'être plus active et autonome à chaque étape du travail.

Sur ma partition j'ai deux phrases entières en double cordes. Je n'ai pas encore trouvé d'enregistrement qui font entendre ces 2 phrases doubles cordes
Offenbach a-t-il fait plusieurs versions ?
Je n'ai pas trouvé à la BnF la partition pour violoncelle et piano édité par Chabal, qui a été acheté ensuite par les éditions Choudens, avant d'être reprise par Kunzelmann. Il semblerait qu'elle ait disparue des archives de la Bnf lors de sinistres. Peut-être ai-je mal cherché ?
Donc il reste les bouquinistes, et pour aller plus vite j'ai contacté Jean-Christophe KECK.
La version violoncelle et cordes a-t-elle été faite par Offenbach ?
Je me dis que les phrases en doubles cordes n'ont peut-être plus raison d''être si la pièce est jouée avec un orchestre à cordes.
Il est possible que la simplification de la partition faite par Werner Thomas-Mifune éditions Kunzelmann soit la suppression des doubles cordes.
J'aimerais comparer la partition pour violoncelle et piano (OEK) et la partition pour violoncelle et cordes (OEK) (Offenbach Edition KECK).

Thibault M
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Re: Infos sur Les larmes de Jacqueline d'Offenbach : genèse, travail et interprétation de l'œuvre

Message par Thibault M » dim. juin 06, 2021 2:35 pm

Ah, et bien ça m’intéresserait beaucoup de lire sa réponse. Affaire à suivre, donc !

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