Revue n° 21 - Décembre 2006

SOMMAIRE

  • Editorial
  • L'Hommage à Pierre Fournier à Lyon et à Paris :
    • Lyon, capitale de l'AFV
    • Entretien avec Edouard Sapey Triomphe
    • Quelques réflexions de Pierre Fournier sur la musique
    • Entretien avec Yvan Chiffoleau
    • Concert en hommage à Pierre Fournier à Paris
  • Les Secrets du réglage, entretien avec Pierre Carado
  • Du Nouveau sur J. B. Vuillaume, par Sylvette Millot
  • Escapade polonaise, par Fabienne Ringenbach
  • Proposition de classification des auditeurs musicaux
  • Ballade à deux mains, par Frédéric Borsarello
  • Disques et DVD
  • Informations
  • Courrier des lecteurs
  • Version originale de méthodes du 19ème siècle, par Philippe Muller
  • Répertoire
  • Videos et DVD sur internet, par B. Huchet et L. Tavernier
  • Rencontre d'adhérents de l'AFV à Mirecourt
  • Le Coin des enfants
  • Promenade à Venise

EDITORIAL

Au cours de ce dernier trimestre 2006, l'AFV a rendu hommage à Pierre Fournier à l'occasion de deux importantes manifestations à Lyon et à Paris. Parallèlement, des membres de notre association se sont rencontrées à Mirecourt, où ils ont joués à l'occasion de la journée du patrimoine. Et nous préparons une importante journée à Londres en novembre 2007, sur laquelle nous reviendrons en temps opportun. Pour la première fois, grâce au relais d'adhérents sur place, nous avons donc réussi à sortir de la région parisienne, ce qui démontre que nous pouvons faire des choses dans les régions, voire á l'étranger, à condition d'y trouver des bonnes volontés. Il ne tient qu'à vous de nous faire des propositions, ce que nous souhaitons de tout coeur. En attendant, nous remercions Edouard Sapey Triomphe et Fabienne Ringenbach, qui ont accompli un super travail à Lyon et à Mirecourt, ainsi que Philippe Muller, organisateur du concert parisien. Car nous n'oublions pas la capitale, où nous avons invité Anner Bylsma à donner une journée de master class le 12 février 2007, au CNR de la rue de Madrid, où nous espérons vous accueillir nombreux.

Outre ces événements, nous continuons dans ce numéro à consacrer des articles à certaines de nos rubriques habituelles. Aujourd'hui, la lutherie est à l'honneur : il est question d'un nouveau livre sur Vuillaume, et nos lecteurs apprendront sans doute beaucoup de choses en lisant l'entretien que nous a accordé Pierre Caradot.

Nous vous laissons par ailleurs découvrir des articles sympathiques, que nous ont communiqué des fidèles adhérents, comme Frédéric Borsarello et des internautes de notre site internet. (A noter que plus de 4000 visiteurs cliquent chaque jour sur notre site www.levioloncelle.com !)

Comme vous le voyez, l'AFV se porte bien grâce à la participation de nos adhérents, dont le nombre a dépassé le millier. Nous leur souhaitons à tous une très bonne année 2007.

Michel Oriano


L'HOMMAGE DE L'AFV À PIERRE FOURNIER À LYON ET À PARIS

6 octobre 2006 : Lyon, capitale de l'AFV


Sur la scène du théâtre du CNSM de Lyon sous le regard du portrait de Pierre Fournier

Depuis sa création à la fin de l'an 2000, grâce à une petite équipe de bénévoles et à la fidélité de nos centaines d'adhérents dont certains se sont montrés particulièrement généreux, outre la parution régulière de sa revue et la mise en ligne de son site internet dont le forum de plus en plus fréquenté permet d'aborder toutes les questions concernant notre instrument, l'AFV peut se flatter d'un bilan d'activités plus qu'honorable.

Cependant, jusqu'à présent, faute de relais actifs dans les régions, toutes nos manifestations s'étaient déroulées dans la région parisienne, où se situe le siège social de notre association. Pour la première fois, durant l'automne 2006, nous avons réussi à décentraliser nos activités. Ceci ne s'est avéré possible que grâce au dévouement de violoncellistes qui ont bien voulu se charger de chapeauter sur place deux manifestations. La première, très conviviale, s'est déroulée à Mirecourt, où Fabienne Ringenbach, qui y réside, a invité des violoncellistes rencontrés sur le forum de notre site internet à venir participer aux journées du patrimoine (voir p.26). La seconde à Lyon, où la célébration du centenaire de Pierre Fournier pilotée par Edouard Sapey Triomphe a donné lieu à une journée si réussie que la salle de concert du conservatoire, pleine à craquer, s'est vue contrainte de refuser des places.

Douze violoncellistes ont participé à ce très beau concert, à savoir : Philippe Muller, François Gouton, Yvan Chiffoleau, Roland Pidoux, Amandine Lefèvre, Jean Deplace, Walter Grimmer, Edouard Sapey Triomphe. Plusieurs d'entre eux, qui avaient bien connu Fournier, se sont déplacés de l'étranger pour l'occasion : Raphaël Flieder est à l'Orchestre Philharmonique de Vienne, Daniel Grogurin, professeur au Conservatoire de Genève, François Gouton, violoncelle solo à l'orchestre de Stuttgart, John Walz, violoncelle solo à l'Opéra de Los Angeles, où il enseigne également.

Entretien avec Edouard Sapey Triomphe

Violoncelle solo à l'Orchestre National de Lyon et assistant d'Anne Gastinel au Conservatoire National de cette même ville, Edouard Sapey Triomphe a coordonné l'organisation de la journée d'hommage à Fournier du 6 octobre. Nous en avons profité pour bavarder un peu avec lui.

Au fil des entretiens avec tes collègues, on s'aperçoit qu'une majorité d'entre eux ont choisi de leur propre chef de se mettre au violoncelle dès leur plus tendre enfance.

Je suis né dans une famille où la musique tenait une grande place, avec un père excellent pianiste amateur et une grandmère professeur de piano, douée d'une grande force de caractère. Quand j'y repense, deux éléments m'ont sans doute poussé à choisir mon instrument quand j'avais 5 ans. Tout d'abord, il se trouve qu'un jour, en passant rue de Rome, mon grand-père avait été séduit par un petit violoncelle (un quart) qu'il avait trouvé si joli qu'il l'avait acheté à pur titre d'ornement dans son appartement. Par ailleurs, un ami de mes parents était violoncelliste et le voir jouer solennellement en public puis prendre un pot décontracté à la maison m'intriguait.

Mais le facteur déterminant fut certainement ma rencontre avec Jean Brizard, un homme exceptionnel, qui aimait les enfants, et qui avait le don de communiquer son amour de la musique.

C'est avec lui que j'ai commencé : j'ai eu la chance de l'avoir comme professeur pendant toute mon enfance et jusqu' à mon entrée au CNSM de Paris.

Avant d'entrer au conservatoire, j'ai également travaillé pendant trois ans avec Michel Strauss, qui faisait lui aussi partie de la lignée de Jean Brizard, si bien que, contrairement à d'autres, qui, lorsqu'ils changent de professeur, doivent s'adapter à des méthodes parfois contradictoires, j'ai eu la chance de poursuivre dans la même foulée, sans rupture.

Et à 17 ans, tu es entré au Conservatoire dans la classe de Maurice Gendron.

Ce fut pour moi un choc culturel, car Gendron avait une personnalité radicalement différente de celle de mes anciens professeurs. L'attention de Brizard était centrée sur l'étude méticuleuse de l'instrument. Au contraire, Gendron axait son enseignement sur la culture générale : plutôt que de technique instrumentale, il nous parlait de poésie, de littérature, de Poulenc, de Stravinsky, de Picasso, qu'il avait connus...

[...]


Quelques réflexions de Pierre Fournier sur la musique

Télécharger le document au format PDF


Entretien avec Yvan Chiffoleau

Professeur au Conservatoire National Supérieur de Lyon, Yvan Chiffoleau avait hésité à se joindre aux douze violoncellistes qui ont participé à l'hommage à Pierre Fournier, dont il n'avait pas été l'élève. Il s'est déclaré d'autant plus satisfait de s'être finalement laissé convaincre de le faire qu'il a toujours admiré la puissance de caractère et l'élégance exceptionnelles de Fournier, dont il nous a démontré que ces qualités correspondaient aux siennes en exécutant un mouvement de la sonate de Kodaly. Ce faisant, il a confirmé les propos de la célèbre musicologue Brigitte Massin, qui a dit de lui : « Très grand artiste du violoncelle, au phrasé et à la sonorité admirables ; son jeu doté d'une puissance technique allie tout à la fois une extrême rigueur à une grande chaleur, loin de tous artifices gratuits ».

Ceci nous a également donné l'occasion de discuter un peu avec lui et de lui poser quelques questions sur sa carrière.

Y.Ch. - Mes premiers souvenirs de violoncelle remontent à l'âge de trois ans et demi. Mes débuts ? Que nenni, mais l'écrasement de mon annulaire gauche dans une chaise pliante pendant que mon père violoncelliste travaillait le 2ème Caprice de Servais !...

J'ai commencé à l'âge de 9 ans et demi, dans ma ville natale de Nantes, où j'ai fait mes premières armes. A 14 ans, ma mère a décidé de me présenter à Navarra. Très impressionné, je lui jouai rien moins que le 1er Mt du ré majeur de Haydn! Quelle inconscience ! Après m'avoir écouté, le Maître déclara: « il est doué, ce petit-là, mais il ne sait pas jouer du violoncelle (sic) ». Imaginez alors la douche froide ! Aujourd'hui, un élève changerait tout de suite de professeur devant la nonreconnaissance de son génie!

Très pragmatique, Navarra m'a enseigné, comme à tant d'autres, la technique de l'instrument grâce à ses immenses qualités de pédagogue et à sa ténacité exemplaire, car il ne lâchait rien ! Malgré ma grande admiration pour lui, ses exigences faisaient qu'on ne rigolait pas toujours pendant ses cours, dont il n'était pas rare que je sorte avec de discrètes larmes aux bords des yeux. Mais je lui ai toujours su gré, car il m'a appris le sens de l'effort, au sens noble du terme. J'ai eu mon prix à 16 ans.

Puis vous avez été le premier violoncelliste français primé au Concours International Tchaïkovski de Moscou, avant d'obtenir respectivement les 1er et 2èmes Grands Prix des Concours Casals de Budapest et Rostropovitch de Paris, ce qui vous a amené ensuite à jouer avec nombre d'orchestres. Dans le numéro 14 de notre revue, nous avons parlé de votre enregistrement récent de « Mon Cirque » de Paul Tortelier, une oeuvre diaboliquement difficile, que vous serez amené à jouer l'an prochain à Londres, à l'occasion d'une journée de concerts consacrée à l'école française de violoncelle, organisée en collaboration avec l'Association française du violoncelle.

En règle générale, quel répertoire affectionnez-vous ?

Il est éclectique. Un celliste ne peut faire autrement ; en même temps, avec l'âge, je cible plus les oeuvres qui me touchent vraiment et certaines ne m'intéressent plus.

A tout seigneur tout honneur : quelle jouissance suprême que de se retrouver seul en scène avec Bach ! Quel sentiment de noblesse à exprimer une somptueuse sonate de Beethoven !

Mais j'aime aussi ciseler une délicate sonate italienne et y déployer la virtuosité propre à cette musique m'amuse. Dérouler une belle phrase romantique m'émeut bien évidemment...

... et les modernes, seulement s'ils me parlent. J'ai eu la chance de côtoyer quelques grands compositeurs :

  • Dutilleux dont j'ai joué quelque dix-sept fois le désormais « classique » et luxuriant « Tout un Monde Lointain » ; j'ai également vécu et participé de très près à la genèse des fameuses « Strophes », jouées maintenant par les cellistes du monde entier ;
  • le regretté Jean-Louis Florentz, disparu trop tôt, musicien d'une grande érudition, dont j'ai créé le « Songe de Lluc Alcari », oeuvre au langage très personnel, empreint tout à la fois de Sacré et d'Ethnique ;
  • Gilbert Amy, qui fût mon premier directeur, et dont j'aime à jouer l'âpre et exigeant « Quasi scherzando », au langage plus moderne certes, mais riche, ainsi qu'un son très subtil « Mémoire ».

... et bien d'autres encore, Denissov, Ginastera...

En même temps, vous enseignez au CNSM de Lyon depuis 20 ans. Pouvez-vous nous dire quelques mots de votre approche de la pédagogie aujourd'hui ?

[...]


LES SECRETS DU REGLAGE

Entretien de Marie-Paule Milone avec Pierre Caradot

D'où vous vient votre passion pour la lutherie ?

Mes parents, par ailleurs très cultivés dans d'autres domaines, n'étaient pas mélomanes. Je me suis mis à la musique parce que le violon de mon grand-père, qui est mort juste avant ma naissance, traînait dans le grenier. Par un concours de circonstances, j'ai pris connaissance de l'école de Mirecourt. J'avais 14 ans, et, aussitôt que j'y suis entré, je me suis dit que je voulais devenir luthier. A Mirecourt, j'ai continué un certain temps à pratiquer mon instrument. Ce n'est plus le cas aujourd'hui : je me contente de gratter les instruments que j'essaie dans mon atelier.

Après Mirecourt j'ai travaillé chez P.Bodart à Besançon, chez J.Dariel à Paris, chez R.Garmy à Aix en Provence, puis chez E. Vatelot durant 15 années. En 2000, Philippe Dupuy m'a proposé de m'associer à lui et Christophe Schaeffer (fameux archetier), pour continuer à servir les musiciens et la lutherie dans un certain état d'esprit.

Fabriquez vous des instruments ?

Oui, j'essaie de maintenir un petit rythme de fabrication, mais quand on est installé à Paris, on passe beaucoup de temps à entretenir ceux des autres.

Vous avez une excellente réputation en tant que régleur d'instruments à cordes. Que signifie pour vous un bon réglage ? En quoi peut-on faire varier la qualité et la projection du son ?

C'est largement une question de goût. Si je dis qu'un bon réglage se mesure à l'aune de la satisfaction du musicien, ce n'est qu'à moitié une plaisanterie. Chaque jour, un luthier est confronté non seulement à des instruments différents, mais aussi à des musiciens qui ont chacun leur propre personnalité. Si bien qu'on ne peut pas se permettre d'imposer un point de vue particulier. Un réglage qui nous semble objectivement meilleur dans l'atelier ne correspond pas nécessairement à ce qu'en attend son utilisateur. Pour un luthier, la première règle consiste donc à s'adapter au jeu de l'instrumentiste, en tenant compte de son archet. Disons que le réglage repose sur un quatuor formé par le luthier, l'archet, le musicien et le violoncelle.

Est-ce en cela qu'on peut comparer un bon luthier à un bon docteur ?

Ce n'est pas faux, dans la mesure où un bon docteur doit donner de la confiance à son patient. Pour effectuer un bon réglage, il faut se donner le temps de se familiariser avec un instrument, ce qui amène à connaître le musicien. Il s'avère très difficile d'effectuer un réglage efficace la première fois qu'on rencontre un instrumentiste. Les instruments sont tous plus ou moins bien faits, plus ou moins structurés, plus ou moins restaurés, plus ou moins capricieux, et il faut pas mal de temps pour les découvrir, évaluer leur sonorité, leur vibration, etc. Un réglage comporte deux dimensions. Il y a d'abord l'approche théorique : on regarde l'instrument, on le mesure dans tous les sens, on l'ausculte, on s'efforce d'évaluer ses qualités et ses défauts. Puis, en discutant avec le musicien, on passe à l'étape concrète, qui permet de juger l'équilibre de l'instrument.

Selon vous, quels sont les paramètres d'un « beau son » de violoncelle ?

Le premier critère, c'est la qualité du timbre, la beauté d'un son. Mais ici encore, la notion de beauté est très subjective : elle varie selon les époques, les critères esthétiques, voire la mode, de même qu'en fonction des individus. Disons schématiquement que la qualité du son est liée à la richesse du timbre, dans l'aigu et dans le grave. Le second critère, c'est la qualité de l'émission de ce timbre, et le troisième, la portée du son dans une salle.

Ceci nous amène à parler des paramètres fondamentaux, à savoir le renversement, la place et la tension de l'âme, la modification de la barre d'harmonie. Bien qu'ils en entendent souvent parler, les instrumentistes n'en mesurent pas toujours l'importance.

Nous abordons ici des problèmes très techniques. Un instrument à cordes comporte une table, un fond, des éclisses, ainsi que des accessoires (cordes, chevilles, cordier), et enfin le montage proprement dit, à savoir le chevalet et l'âme. Au total environ 80 pièces de bois et de métal, lesquelles doivent constituer un ensemble homogène susceptible de produire le meilleur son possible pour le musicien qui le choisit. Mettre en lien tous ces paramètres constitue un exercice extrêmement complexe. Au final, la qualité du son de l'instrument repose sur l'équilibre stable de cette multitude de paramètres, dont aucun n'est plus important que les autres.


Peut-on dire que certains de ces paramètres vont jouer sur la projection du son, d'autres sur l'émission... ?

Dans cette hypothèse, il faudrait saucissonner l'instrument et ne se concentrer que sur tel ou tel paramètre, ce qui n'aurait guère de sens.

Le réglage est donc une oeuvre d'artiste.

Non, justement. Nous ne sommes pas des artistes, mais des artisans (avec un grand A si vous voulez). Mais un bon artisan possède une formation technique très solide, une grande expérience, et doit se montrer capable d'aller dans le sens qu'il considère comme bon. Nous n'avons pas le côté créatif de l'artiste.

Ceci ne correspond-il pas à ce que le musicien recherche par rapport à l'oeuvre qu'il travaille pour la jouer ? Dans cette mesure, un interprète n'est-il pas également un artisan ?

Oui, dans une certaine mesure, mais à ceci près qu'en recréant une oeuvre à sa manière, un interprète fait oeuvre de créateur.

Dans ce sens, ne peut-on dire que, grâce à la qualité de vos réglages effectués par vos mains d'Artisan (avec un grand A), vous avez la faculté d'aller plus loin dans la recherche du son du violoncelle que celui qui l'a fabriqué, c'est-à-dire de le « recréer » ?

Non. S'il y a un acte de créateur, c'est peut-être au départ, quand on fabrique l'instrument. Mais ensuite l'entretien, la réparation, le réglage, constituent un travail passionnant et pointu d'artisan. Plutôt qu'un discours d' « artiste » (au sens péjoratif du terme, c'est-à-dire de quelqu'un qui parlerait de l'influence de la lune sur un instrument), je préfère tenir les propos d'un artisan qui analyse les raisons pour lesquelles un instrument fonctionne mal, pourquoi on se sent mal avec lui. Ceci constitue sans doute la difficulté de la communication entre un luthier et un musicien.

Améliorer cette communication constitue d'ailleurs l'un des objectifs de notre AFV. Venons-en à une question délicate. J'ai souvent été surprise de constater que certains luthiers se déclarent intéressés par un instrument sans avoir la curiosité ou le désir d'en entendre le son.

Vous avez raison. Mais inversement, il est choquant pour un luthier de s'apercevoir que des musiciens ne se rendent pas compte du travail à effectuer. Un instrument est une mécanique, un outil tellement complexe et pointu qu'il en devient presque magique.

Mais croyez-vous qu'en voyant un instrument, un luthier ait la capacité de se faire une idée de son timbre, de sa sonorité ?

Il peut s'en faire une idée d'un point de vue cérébral et schématique. Si l'instrument a des voûtes très plates, il sera plutôt puissant ; s'il est très voûté, la souplesse des voûtes lui confèrera plus de timbre au détriment de sa puissance. Si l'instrument est bloqué du fait d'un renversement très haut avec un angle de cordes très fermé, il sera certainement difficile à jouer.

Pourriez-vous expliquer en quelques mots ce que l'on entend par « renversement », et en quoi celui-ci constitue un paramètre important pour le son ?

Le renversement, c'est l'inclinaison du manche par rapport à la caisse. Les cordes forment un angle avec le chevalet sur la table ; cet angle est nécessaire pour donner une pression du chevalet sur la table, laquelle est difficile à faire vibrer parce qu'elle est voûtée, galbée : ce galbe est comme un pont destiné à résister à une pression. Le renversement idéal dépendra donc de l'inclinaison du manche idéale, qui va donner l'angle idéal des cordes sur le chevalet, lequel va donner la pression idéale sur le chevalet, c'est-à-dire sur la table, pour la mettre en vibration, ou, en d'autres termes, lui faire émettre le plus possible de volume et de timbre. S'il n'y a pas assez de pression, la table ne va pas assez vibrer ; s'il y a trop de pression, elle va être bloquée et ne va pas assez vibrer. Dans l'un ou l'autre cas l'instrument ne sera pas réglé de manière optimum.

Il semble donc qu'en changeant le renversement, on touche à l'équilibre de l'instrument, et donc à son timbre.

Exactement. Changer le renversement revient à modifier l'équilibre, l'angle des cordes, c'est-à-dire la pression sur la table. (Ouvrir l'angle l'allège, le fermer l'augmente). Mais ce renversement se mesure en fonction de la hauteur du chevalet. Il existe des tas de positions de manche possibles qui vont induire un confort de jeu, paramètre dont il faut tenir compte. En gros, un instrument parfaitement réglé sur le plan théorique peut compliquer le jeu; le musicien le fera moins bien sonner que s'il était moins bien monté mais plus facile à jouer.

[...]


DU NOUVEAU SUR JEAN-BAPTISTE VUILLAUME

Les éditions Les Amis de la Musique (Avenue Reine Astrid, 73, Spa, 4 900, Belgique) viennent de publier le dernier ouvrage de Sylvette Milliot intitulé Jean-Baptiste Vuillaume et sa famille (Nicolas, Nicolas-François et Sébastien) : 2 vol., près de 600 pages, plus de 500 illustrations. Nous avons demandé à l'auteur de nous dire quelques mots sur le travail qu'elle a effectué.

Etait-il bien nécessaire d'écrire ce livre, alors que, en 1998, colloques et expositions, à Mirecourt comme à Paris, avaient commémoré le bicentenaire de ce grand luthier ? J'avoue m'être posé la question. Mais après avoir assisté à tous ces colloques, visité les expositions, scruté tous les catalogues, je suis arrivée à la conclusion : Oui ! Le sujet n'était pas épuisé. Avec beaucoup de compétence, ces manifestations présentaient de multiples facettes du facteur ; mais il manquait une synthèse pour redonner vie à l'homme, c'est-àdire l'insérer dans sa famille, dans une société.

Dans une famille, car on parlait peu de ses frères, de son neveu, de son cousin, de l'archetier François-Nicolas Voirin, alors qu'il avait cherché à les associer à son succès. De même, on évoquait trop allusivement la société dans laquelle il avait vécu, lui qui, de 1798 à 1875, avait parcouru les trois quarts du XIXème siècle, avec ses révolutions tous les vingt ans, mais aussi ses découvertes scientifiques sur le son et ses vibrations, la lumière et la photographie, les matériaux nouveaux comme l'acier. Or Vuillaume était bien trop curieux, bien trop à l'écoute de son temps, pour ne pas en tirer parti dans son métier.

S'agit-il alors d'un travail d'historien ? Certes ! en raison de document inédits retrouvés dans les archives de France, apportant des précisions sur ses origines familiales, son mariage, l'édification de sa fortune et sa disparition ; mais aussi des correspondances privées décrivant ses activités, ses buts secrets, ses relations avec les milieux artistiques de son temps. Apparaît alors non plus un spécialiste enfermé dans son métier, mais un homme avec ses rêves de grandeur, sa réussite sociale qui conduisit l'humble artisan courageux, tenace et économe jusqu'au grand bourgeois fortuné.

[...]


ESCAPADE POLONAISE

par Fabienne Ringenbach

J'ai eu la chance, cet été, d'accompagner, en tant que violoncelliste, un groupe de luthiers et d'archetiers lorrains qui participaient à une exposition de lutherie et d'archèterie organisée en Pologne, dans l'école des Beaux Arts de Zakopane. Je vous livre ici quelques-unes de mes découvertes polonaises.

Tout d'abord j'ai eu l'opportunité de découvrir et de jouer de beaux instruments modernes et parfois d'un modèle très personnel, (voir ci-contre).

J'ai aussi fait la connaissance d'un personnage charmant, francophone et francophile et excellent instrumentiste : Orkisz Andrzej, professeur de violoncelle à l'Académie Frédéric Chopin de Varsovie depuis 1969. Il vint à Paris une première fois en 1961 pour travailler avec Paul Tortelier, retourna dans son pays, puis revint en France avec ses collègues du Trio à cordes de Varsovie afin d'enseigner au conservatoire de Tarbes de 1984 à 1992. Sa femme Anna est, elle aussi, violoncelliste, ses enfants et petits enfants tous musiciens : il en est fier. Andrzej possède cinq instruments dont un Joseph Klotz mais il m'a avoué être toujours à la recherche DU violoncelle de ses rêves. Il apprécie sans modération les contacts avec les luthiers et les archetiers, leur rend visite fréquemment, essaye leurs productions : "le travail d'un violoncelliste est lié à son instrument et j'ai besoin des artisans qui ont eux-même besoin de moi : nous cherchons ensemble. C'est une véritable collaboration, nous échangeons nos savoirfaire." A ma question sur le répertoire joué en Pologne, il m'a répondu qu'on y jouait les oeuvres classiques habituelles et a cité plus particulièrement quelques pièces : le Concerto grosso de Penderetsky pour trois violoncelles, la transcription du concerto pour alto par Boris Pergamenchikov, les oeuvres de Bauer, violoncelliste et compositeur qui écrit beaucoup pour notre instrument.

Enfin, et c'est là ma plus grande découverte polonaise, j'ai écouté tous les soirs de la musique traditionnelle locale : celle des Tatras, partie escarpée des Carpates. Les groupes instrumentaux sont constitués pour la plupart d'un violon qui tient la partie mélodique, "prym", d'un second violon qui joue une seconde voix, "sekund I", d'un alto effectuant les contretemps "sekund II" et... d'un VIOLONCELLE à TROIS CORDES qui assure la basse. Ce dernier, en forme de "huit", possède une table et un fond sculptés, il ne porte pas de pique mais une bandoulière car il est parfois joué en marchant.

On lui donne le nom de "Bazy Podhale", basse populaire. Sur certains instruments anciens, l'un des pieds du chevalet traverse la table et joue le rôle de l'âme comme pour la "gadulka" bulgare. L 'archet, plus court, possède une hausse très haute et des crins noirs. Son rôle demeure exclusivement d'accompagnement et parfois le violoncelliste joue imperturbablement un ostinato sur deux notes pendant tout le morceau tandis que les parties mélodiques se déchaînent, improvisent, ornementent ; certaines de ces pièces évoquent la forme d'une chaconne. Les tonalités varient peu, la plupart des mélodies sont en ré. Quelques-unes des mélodies présentent des carrures de cinq mesures, ce qui n'est pas fréquent.

[...]


PROPOSITION DE CLASSIFICATION DES AUDITEURS MUSICAUX

Propos recueillis par Dominique A. Rivolta sur France Culture

Le philosophe, sociologue et musicologue Théodore Adorno (1903-1969) distingue quatre catégories d'auditeurs musicaux :

1) L 'expert (= le musicien et/ ou le musicologue)

2) Le bon auditeur (= le mélomane)

3) Le consommateur de musique (=l'audiophile)

4) L 'auditeur émotionnel (= le reste)

La fin de l'Âge Baroque qui correspond à la chute de l'Ancien Régime et à la naissance du Monde Bourgeois, en effectuant le passage de la musique du statut d'art de production à celui d'art de perception, entraîne l'hégémonie des deux dernières catégories par rapport aux deux premières qui l'emportaient auparavant.


BALLADE A DEUX MAINS

Par Frédérc Borsarello

Par une belle matinée de printemps deux bras ballants se baladent :

- Bonjour : ça fait longtemps que tu es là ?
- Presque aussi longtemps que toi.
- Je te regarde souvent, mais tu es à l'envers
- Toi aussi tu es à l'envers et j'ai du mal à te regarder, tu es toujours devant quand je suis derrière. Que fais-tu dans la vie quand tu ne te promènes pas ?
- Depuis ma première jeunesse, je joue un rôle très particulier. Mais toi aussi, je crois ?
- Bof, on dit que je suis moins important que toi, mais la personne qui est entre nous deux utilise souvent son ouïe et on doit se mettre d'accord ...
- Et toi ?
- Moi on me donne un travail énorme. Enfant, j'ai passé des heures sur quatre ficelles tendues à répéter et répéter pendant des heures. Moi aussi j'ai un rôle d'écoute que l'on dit essentiel pour mon métier. On dit aussi que sans moi, il n'y aurait pas de musique.
- Tiens, mais qui dit cela ?
- Ceux qui ont sans doute compris l'importance de mon rôle.
- On m'a souvent comparé à un bébé qui commence à parler.
- Mais que dis tu ?
- Pas grand-chose. Do sol ré la et pas toujours dans cet ordre là.
- Mais ce n'est pas une phrase !
- Non ce sont des mots isolés, mais on me demande de les faire jolis. Souvent je les crie, ou bien je les chuchote. Pour les faire, on m'a confié une sorte de bâton sur lequel on a accroché des crins de cheval, et je n'ai que cinq doigts pour faire tout ce que l'on me demande.
- Mais tu as un bras tout de même, avant la main !
- Oui, et entre les doigts et le bras, il y a un poignet. Je passe beaucoup de temps à le travailler. Il est la source de toute ma vie. Grâce à lui les sons sont liés entre eux. On dit « legato » en italien. Quand j'étais « une petite main » j'adorais ce mot, il me faisait penser à des pâtisseries. Il paraît, et je le crois, que quand le poignet est souple, tout le corps l'est aussi : même l'esprit est plus serein, et l'inspiration plus libre. Ce poignet doit effectuer un savant mouvement de souplesse qui produit des sons enchaînés et non hachés. Il est « de mèche... » avec celui des doigts et leur union doit être parfaitement synchronisée. Heureux celui qui le comprend, car ensuite sa vie de musicien à cordes en devient très différente.

Tu me parles de doigts, mais en fait, je considère n'en avoir que trois. Le pouce, le majeur et l'annulaire qui tiennent le fameux bâton à crins, puis l'index qui fait fléchir la mèche et maintient l'archet entre la touche et le chevalet et l'auriculaire qui exerce une pression verticale et dirige comme un gouvernail.

Mais là mon travail commence. Grâce à cette position, enseignée tout enfant par un excellent professeur, je peux faire sentir les émotions que les compositeurs ont fait jaillir de leur inspiration.

Je ne prononce que quatre mots, mais il y a tant de manières de les faire ! « Sautillé » en imitant la pluie qui tombe sur les vitres, « Martelé », le pas sur les pavés, les attaques comme des coups de fusils, le son rauque du chien (sur le chevalet), le cri de l'âne (derrière le chevalet), le bruit du vent (sur la touche), la sirène du bateau (sur le cordier). Je pourrais te donner d'innombrables exemples des sons que l'on entend et que je peux reproduire seulement avec mon archet.

Mais le plus beau reste tout de même la promenade sur une corde avec une vitesse égale et soutenue d'un bout à l'autre de l'archet, mon cher compagnon de route. Je peux aussi me déplacer où bon me semble, selon la puissance que je veux mettre.

[...]


COURRIER DES LECTEURS

« J'ai lu avec plaisir votre article "Musique et Silence" dans la revue "Le Violoncelle" no 20 de septembre 2006. Les remarques me paraissent justes, notamment les liens entre: musique, silence, gestes, sensations, corps. Si j'avais à résumer le contenu de votre exposé, je rappellerais ce qu'à dit Cicéron: "le silence est une confirmation de la parole". »

Georges Joly (un lecteur...violoncelliste)


« Cher Monsieur Le Violoncelle, bravo pour votre publication, que l'on attend toujours avec impatience et reçoit avec joie. En particulier votre dernier éditorial qui commence par analyser le mot « amateur » avec subtilité : merci pour les amateurs que je représente ».

A.M. Gachet, présidente de la Fédération française de Musiciens amateurs, (www.ffama.org).


« Je vous signale l'ouverture d'une page, avec notice biographique détaillée et nombreux documents iconographiques, entièrement consacrée à la violoncelliste Lucienne Radisse : www.musimem.com/radisse.htm L'un de vos lecteurs suggérait voilà quelques temps dans votre revue n° 11 un tel article.. ».

Denis Havard de la Montagne, rédacteur en chef de "Musica et Memoria". www.musimem.com

« Dans le n° 20 de notre revue, l'éditorialiste parlait de l'attitude des Français vis-à-vis des amateurs. A noter que, dans son numéro du 20 mai 2006, Le Monde a publié un article intitulé Amateur, un Métier d'avenir : Photos, vidéos, blogs, courrier des lecteurs, télé-réalité : tout le monde s'improvise photographe, reporter, acteur, chanteur... Face aux experts, jugés suspects, l'amateur fleure bon l'authentique et est très apprécié des médias.

Enquête sur un phénomène de société qui a de beaux jours devant lui. Bien que centré sur les journalistes, les politiques, les photographes et les internautes, et non sur les musiciens, les remarques de l'auteur peuvent donner à réfléchir sur l'évolution actuelle de notre société, pour le meilleur et pour le pire, ainsi que le montrent les extraits suivants :

« Souvent l'amateur est perçu comme un être sincère quand le professionnel est suspecté de rechercher son intérêt personnel ou de servir la soupe à son employeur...
Il faut dénoncer une hégémonie de l'amateurisme sur la toile avec l'avènement du Web 2.0. Compte tenu de la facilité de création sur le web, on peut craindre que la culture en ligne ne devienne « la » culture de référence...
Ce qui relevait de l'exceptionnel est devenu un réflexe de masse. Paradoxalement, l'image floue, mal cadrée, sautillante, voire carrément tremblante plaît beaucoup. Cette imperfection véhicule une dose supplémentaire de dramaturgie, une réalité brute de décoffrage. Un filtre disparaît, celui du professionnel, dont l'optique peut être jugée « trop parfaite ». Et donc lointaine...
C'est la logique de l'émotion qui prévaut, et non pas celle du recul et de l'analyse... On aurait tort de croire que ce phénomène est exclusivement médiatique. Il est avant tout sociétal.... Ce désir d'expression de soi est aujourd'hui confirmé par l'incroyable succès de la blogosphère, où l'internaute peut désormais partager sa vision du monde...»

Serge B

[...]


FUZEAU : VERSION ORIGINALE DE PARTITIONS DU XIXe SIECLE

par Philippe Muller

La parution récente, chez FUZEAU, des Méthodes de violoncelle écrites en Français au XIXème siècle, nous conduit à présenter brièvement cet éditeur.

En 1974, Andrée et Jean-Marc FUZEAU ont créé à Courlay, dans les Deux-Sèvres, leur maison d'édition dans un but qui était avant tout pédagogique. Les premières publications sorties de leurs presses ont été des méthodes d'éducation musicale. Ont suivi ensuite des partitions destinées aux écoles de musique et Conservatoires, puis une série de « posters » à afficher dans les salles de classe.

En 1985, l'entreprise s'oriente vers la publication de partitions en « fac-simile ». Le musicologue Jean SAINTARROMAN devient directeur d'une collection consacrée à la musique française. Travailleur acharné, cet homme extrêmement rigoureux et d'une grande compétence, s'attache à publier des oeuvres dont la valeur est incontestable, mais qui ont été soit oubliées, soit imprimées dans des versions altérées et peu conformes aux sources originales.

[...]


RÉPERTOIRE

Violoncelle et orgue

Dominique A. Rivolta, que nous avions rencontré sur le stand de l'AFV du dernier Salon de la musique Musicora, nous a communiqué un disque passionnant d'oeuvres enregistrées par Philippe Cauchefer violoncelliste solo de l'Orchestre régional de Cannes, et sa soeur, l'organiste Sophie Cauchefer Choplin, dans lequel on peut entendre des oeuvres originales ou transposées de Gabriel Fauré, Emile Bourdon, César Franck, Joseph Rheinberger, Léon Boëllmann, Lucien Blin, Felix Mendelssohn et Daniel Roth. (Editions Festivo, H. van Viandenstraat 21, NL 3817 AA Amsterdam ; www.festival.nl).

Ce disque contient également une « Mélodie transmutée » pour violoncelle et orgue, « une pièce méditative sur son procédé des transmutations mélodiques », de Dominique A. Rivolta. Nous citons ci-dessous un extrait du texte de dernier intitulé « Approche théorique de l'utilisation des notes ajoutées ».

[...]


VIDEOS ET DVD SUR INTERNET

La révolution opérée par internet n'a pas fini de nous réserver de merveilleuses surprises. Des adhérents de notre association ont eu la bonne idée de signaler toute une série d'enregistrements filmés opérés par des violoncellistes d'hier et d'aujourd'hui, que l'on peut voir sur son ordinateur exécuter des oeuvres du répertoire, en profitant de gros plans qui mettent en valeur doigtés, coups d'archet, expression du visage et du corps, communion entre le soliste et le pianiste ou l'orchestre, etc. Laura et Blandine, deux jeunes adhérentes de l'AFV , qui fréquentent assidûment le forum de notre site www.levioloncelle.com, ont eu la gentillesse de rédiger un petit article sur ce sujet.

"Trop jeune pour avoir pu voir et entendre Casals ou Fournier en concert ? Tout n'est pas perdu! Outre qu'il existe des enregistrements de concerts en DVD, vous pouvez également trouver votre bonheur sur Youtube.

Youtube (www.youtube.com), qui a fait les gros titres mioctobre lors de son rachat à prix d'or par Google, est un site internet de recherche et d'hébergement gratuit de vidéos sur divers sujets. Des vacances familiales de votre voisin à des images d'actualité, en passant par la musique et tout particulièrement par le violoncelle, on trouve de tout sur Youtube. Concernant notre instrument, on peut aussi bien avoir accès à des vidéos de concerts ou d'enregistrements historiques ( Rostropovitch, Tortelier, et bien d'autres..) qu'aux documentaires relatant la vie de grands artistes, comme celui réalisé sur la vie de Jacqueline du Pré (http://www.youtube.com/watch?v=PToFY-Upaw0). C'est donc un bon moyen de pouvoir admirer les plus grands et de se documenter sur leur vie alors que, pour certains violoncellistes de grande renommée (Casals, Gendron, Tortelier), les enregistrements vidéos sont relativement rares. Ceci permet ainsi d'admirer leur expression propre, leur approche du violoncelle et de son répertoire, et d'étudier les techniques de jeu différentes, qui varient selon les écoles et les individus.

[...]


RENCONTRE D'ADHERENTS DE L 'AFV A MIRECOURT

Le patrimoine musical de Mirecourt est mis en valeur par le musée de la lutherie et de l'archeterie depuis 1973, mais aussi, depuis septembre 2006, par le « sentier des luthiers ». A l'initiative de Valérie Klein, conservatrice du musée, des plaques ont en effet été apposées sur 60 façades d'anciens ateliers de luthiers et d'archetiers de Mirecourt.

Pour l'inauguration de ce « Sentier des luthiers » à l'occasion des journées du patrimoine, Fabienne Ringenbach, professeur de violoncelle à l'école de musique de Mirecourt et membre du bureau de l'AFV a , eu l'idée originale de mêler passé et présent en invitant des musiciens de tout âge et de tout niveau à jouer devant les différentes plaques commémoratives. L 'appel a notamment été relayé sur le forum de l'AFV et, après des pages de discussion, onze violoncellistes internautes qui ne s'étaient jamais rencontrés sinon virtuellement ont répondu `présent'.

[...]


Le Coin des enfants


PROMENADE À VENISE

Le violoncelle est présent dans les vitrines des artisans et même dans les rues de Venise