Revue n° 19 - Mai 2006

SOMMAIRE



Publicité pour la Renault Espace.

Publicité américaine pour une salle de bain.

EDITORIAL

L'AFV a tenu sa 6è assemblée générale(1) à l'auditorium du Louvre, dans le secteur des luthiers du salon de la musique, Musicora, où notre stand, joliment décoré par Jean-Luc Deville, fut visité par de nombreux musiciens. A cette occasion, nous avons recueilli un nombre important de nouvelles adhésions, et D'ANCIENS ADHÉRENTS EN ONT PROFITÉ POUR RÉGLER LEUR COTISATION 2006 (AVIS AUX AMATEURS...). D'une manière générale, nous avons pu constater que, grâce aux efforts d'un certain nombre d'entre nous, l'AFV se portait bien, et nourrissait de nouveaux projets, dont plusieurs sont présentés dans les 28 pages de ce numéro exceptionnellement agrandi. A noter également qu'après trois années de bons et loyaux services, Gilles Romiguière, notre webmaster, a passé la main à Jean Claude Bussac, nouveau venu au sein de notre bureau. Merci, Gilles, au nom de tous nos adhérents, et bon courage à Jean-Claude.

Les accessoires de notre instrument (archet, cordier, cordes) occupent une place centrale dans ce numéro, et le forum de notre site internet nous a également fourni des idées d'articles répartis dans diverses rubriques. D'une manière ou d'une autre, la participation du plus grand nombre d'entre vous constitue la raison d'être de votre association.

Rappelons enfin que l'AFV célébrera le centenaire de Pierre Fournier à Lyon le 6 octobre prochain. A la demande d'une de nos adhérentes, nous allons voir s'il serait envisageable d'organiser également à Paris un hommage à ce grand violoncelliste français, sur qui ceux qui l'ont connu sont cordialement invités à nous communiquer leur témoignage. Nous reviendrons sur ceci dans notre prochain numéro.

Michel Oriano

(1) Le compte rendu de cette assemblée vous sera communiqué sur simple demande de votre part.

Membres du bureau de l'AFV

Elu à bulletin secret au cours de la dernière assemblée générale, le nouveau bureau de l'AFV se compose des personnes suivantes :
Philippe Bodart, Frédéric Borsarello, Jean-Claude Bussac, Laurence Cardoze, Marc Coppey, Jean-Luc Deville, Doris Franck, Walter Grimmer, Marie-Paule Milone, Philippe Muller, Michel Oriano, Catherine Paoletti, Raphaël Pidoux, Fabienne Ringenbach, Fanny Romiguière, Gilles Romiguière.


"MUSICORA 2006"


INFORMATIONS

Anniversaire

- Le 24 juin prochain, Pierre Fournier aurait eu cent ans. Nous rappelons que le centenaire de ce grand violoncelliste français sera célébré par l'AFV à Lyon le 6 octobre prochain. Dans la mesure du possible, l'AFV envisage également une manifestation à Paris dans le courant de l'automne.

Master class

- Anner Bylsma a accepté l'invitation de l'AFV à venir animer une master class de violoncelle baroque dans le courant de l'année 2007. Mathieu Fontana coordonnera cet événement qui sera organisé en collaboration avec l'Association Cordes et Âmes.

Festivals


Le violoncelle, ça fait de la musique en couleurs : ainsi Grégoire, 7 ans, voit-il et entend-il quand sa maman joue.

- 14èmes Rencontres d'ensembles de violoncelles (Beauvais, 12-17 mai 2006). Comme aux Folles journées de Nantes, les huit violoncellistes de l'ensemble dirigé par Roland Pidoux joueront en formation d'octuor, avant que six d'entre eux interprètent chacun une Suite de Bach. Il s'agit d'Antoine Pierlot, Raphael Pidoux, Roland Pidoux, Henri Demarquette, Nadine Pierre, François Salque, Xavier Philips, Marc Coppey, et Yaelle Blanchon.

A noter par ailleurs la participation de Miklos Parenyi, du Quatuor Rastrelli, de l'octuor du CNR de Grenoble, ainsi que le concert et la master class de Christophe Coin. www.celloensemble.com

- La troisième édition du Festival d'Asfeld (à 25 km au nord de Reims), qui se déroulera du 9 au 11 juin, sera consacré à « La Viole et la Voix ». Dans son bulletin d'avril 2006, nos amis de la Société Française de Viole ont publié un intéressant dossier consacré à ce thème.

- 26ème Festival d'Auvers sur Oise (14 mai - 1er juillet) : A noter la présence, parmi beaucoup d'autres musiciens, du Trio Wanderer, d'Anne Gastinel, et d'Emmanuelle Bertrand.

- Sous la direction artistique de Henri Demarquette et d'Alexandre Gasparov, le 7ème Festival Musikalia se déroulera les 17 et 18 juin 2006 à l'amphithéâtre de la Cité de la Musique.

Cette année, le compositeur à l'honneur sera Eric Tanguy. www.festivalmusikalia.com

Spectacle musical

Dingdongueries, conte musical, texte de Vincent Vedolli, musique et violoncelle, Agnès Vesterman. Au départ, le narrateur et la musicienne commencent à se raconter l'histoire de Ding et Dong. Mais peu à peu, ils vont se laisser entraîner malgré eux dans les aventures rocambolesques de leur création... Festival « Tous des mômes » de la Seyne sur mer, 17-20 mai. Renseignements 04 94 30 29 10.

Concours

Le Concours de lutherie Antonio Stradivari se déroulera dans le cadre de La Rencontre triennale des instruments à archet, qui aura lieu à Crémone en automne prochain.

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PUBLICATION DE DISCOGRAPHIES

Contribution à l'histoire de l'interprétation

En ce printemps 2006, l'AFV a décidé d'élargir ses activités en lançant de nouveaux projets: faire connaître et (re)-découvrir l'art de grands violoncellistes français du XX° siècle à un large public et aux jeunes générations d'interprètes. Souvent négligée, l'histoire de l'interprétation est en effet une source d'enrichissement important dans la constitution d'une culture musicale; l'arrivée de l'enregistrement au XX° siècle est une composante qui a transformé la perception des solistes, la connaissance de leurs jeux, et influencé des générations d'interprètes.

En collaboration avec la famille de l'artiste, l'association m'a chargé de commencer ce travail en faisant redécouvrir l'art d'un très grand violoncelliste français: André Levy. Cet artiste, que ses activités de pédagogue (et sa modestie) ont sans doute empêché de réaliser LA grande carrière de virtuose qu'il méritait, a joué avec les plus grands (d'Ansermet à Clara Haskil, en passant par Yvonne Lefébure, Jeanne Gautier, Vlado Perlmutter, ou le quatuor Kolisch). Au début des années 60, il a réalisé un enregistrement mémorable des 6 Suites de Bach, enregistrement introuvable et non ré-édité depuis.

L'association va tenter de lancer une souscription afin de rééditer cette interprétation superbe, qui en bouleversera plus d'un, en repartant de sources originales. Par la suite, l'association publiera des travaux de recherches concernant des discographies de solistes, tels qu'André Navarra, Maurice Maréchal, et bien d'autres.

Alors si vous possédez des documents, si vous avez mené des recherches, ou êtes prêts à le faire, sur des violoncellistes français que vous avez connus, avec qui vous avez travaillé, ou simplement que vous admirez, FAITES-LE NOUS SAVOIR : vous êtes les bienvenus ; à chacun d'apporter sa pierre à l'édifice ! Il est envisagé aussi de publier ces travaux dans des circulaires spéciales, à part, et disponibles pour les adhérents à l'AFV.

Jean-Marc HARARI


COURRIER DES LECTEURS

- « Je suis professeur vacataire dans un collège et chef de choeur d'une chorale amateur. Violoncelliste depuis cinq ans, j'avais rêvé du violoncelle depuis l'âge de dix ans, et j'en ai quarante. Je l'ai attendu, puis l'occasion s'est présentée. Il est devenu mon seul loisir : j'emporte mon « bel ami » (c'est son surnom) sur mon dos, à chacun de mes cours ; les élèves sont ravis. 80% d'entre eux n'avaient jamais vu un instrument de près !

Grâce à votre revue, je peux recevoir la culture, le plaisir de lire, et me documenter pour apprivoiser mon superbe instrument... Les revues de l'AFV sont mon petit rayon de soleil au fond de l'hiver, qui est rude en Normandie ... ».

Melina Faivre

- « J'étudie le violoncelle depuis cinq ans au Conservatoire du 10ème arrondissement de Paris, et il n'est pas facile de concilier vie professionnelle (j'ai 44 ans et pas mal de responsabilités) avec un apprentissage musical sérieux. A cet égard, votre journal, ainsi que le site internet que je consulte régulièrement me sont d'une grande motivation pour persévérer dans l'étude de ce merveilleux instrument. Un grand merci donc pour la passion dont vous faites preuve pour faire vivre et développer l'Association française du violoncelle ».

Franck Perruchoti

Merci Melina et Franck. Vos gentils témoignages donnent du baume au coeur à notre petite équipe de bénévoles...

- « Chers confrères, Très heureux que de célébrer Pierre Fournier... mais nous mettre sous les yeux des amoureux de notre bel instrument cette photo inversée de l'éminent confrère que fut Pierre Fournier, et ce, dans l'organe de l'AFV, il fallait le faire ! Félicitations à l'ignare metteur en page ».

L. Ingliardi

Pardon, pardon, pour avoir présenté Pierre Fournier tenant son archet de la main gauche. Nul n'est parfait. Désolé pour les fautes d'impression qui demeurent malgré notre vigilance, mais nous faisons ce que nous pouvons avec nos faibles bras... Nous retournerons à l'école, c'est promis...

- « Je suis violoncelliste et un fidèle lecteur de la revue "Le Violoncelle". Je me permets de vous demander un renseignement. Dans peu de temps je m'arrête de travailler (retraite), et je désire m'installer à Paris. Aussi, pouvez-vous me dire si, à Paris, il existe des orchestres (ou associations) d'amateurs de (très) bon niveau, afin que je puisse en faire partie ? Et, dans l'affirmative, si cela ne vous dérange pas, me donner (la liste de) leurs adresses ? »

Georges Joly, 28 rue Camélinat, 42000, St-Etienne

- « Je profite du renouvellement de ma cotisation pour vous féliciter pour vos efforts et initiatives, ainsi que pour la revue. J'en profite pour adresser deux questions à vos lecteurs :
1/ Je suis à la recherche de la partition (ou d'une transcription) de la musique du film « In the Mood for Love ».
2/ Savez vous s'il existe des stages de violoncelle pour adultes débutants ? »

Julie Raynal

Merci à ceux qui ont des tuyaux de répondre à Georges Joly et à Julie Raynal.

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L 'ARCHET, UN INSTRUMENT A PART ENTIÈRE...

Entretien avec Jean-François Raffin


L'atelier de J.-F. Raffin

Reconnu, avec le Bruxellois Pierre Guillaume et quelques autres, comme l'un des plus grands experts mondiaux de l'archet, Jean-François Raffin nous a reçus dans son atelier de la rue de Rome.

En 2005, vous vous êtes vu décerner officiellement, par la Chambre artisanale, le titre prestigieux de Maître Archetier d'Art. Comment devient-on expert en archèterie ?

Avant de m'agrandir il y a 12 ans, j'ai d'abord travaillé dans une petite surface de 12 m2 qui jouxte mon atelier actuel. Auparavant, après avoir effectué mon apprentissage chez Etienne Vatelot, j'avais longtemps collaboré avec Bernard Millant, et ce n'est qu'au fil des années que je me suis spécialisé dans l'archèterie, après avoir fait de la lutherie comme beaucoup de mes collègues.

Il n'y a pas d'âge pour commencer le métier d'archetier. Avant tout, il faut être manuel. Savoir travailler le bois, le métal, la nacre. (Les écailles sont aujourd'hui interdites, car les tortues qui en fournissaient la source sont une espèce en voie de disparition). Ensuite, il faut beaucoup travailler, faire preuve de patience et de lucidité pour acquérir de l'expérience. Pour ma part, je dois beaucoup à Bernard Millant, avec qui j'ai examiné des milliers d'archets et échangé des points de vue quotidiennement pendant de longues années.

La facture de l'archet a-t-elle fait des progrès depuis l'époque de François-Xavier Tourte et de Dominique Peccatte ?

Depuis les années 1780-1800, la facture de l'archet n'a pas évolué fondamentalement. A cette époque, en collaboration avec des grands instrumentistes comme Viotti ou Kreutzer, François-Xavier Tourte a dû étudier l'adaptation de l'archet aux besoins de l'évolution de la musique, des orchestres, des instruments. L'archet baroque avait de superbes qualités esthétiques, et j'en ai même fabriqué moi-même. Mais il n'avait pas la puissance de l'archet moderne, et il fut définitivement abandonné au début du 19è siècle. Aujourd'hui, certains instrumentistes adoptent des archets baroques pour jouer Bach, et je respecte leur souci d'authenticité. Mais je pense que l'on a plus de possibilités techniques avec un archet moderne.

En fait, il n'a fallu qu'une vingtaine d'années pour que l'on parvienne à la perfection. Après F.X. Tourte, des archetiers comme Sartory ont tenté des innovations, mais, à part quelques exceptions, ses archets se sont avérés trop durs et ne sont guère joués par les professionnels, car la dureté entraîne une transmission du son déficiente. Pour augmenter la puissance du son, l'école contemporaine a parfois un peu alourdi la baguette afin de mieux entrer dans les cordes. Mais ceci au détriment de la qualité de son.

La diversité du son passe en effet par la baguette et le crin qui font vibrer la corde. Certes, il s'avère plus difficile de jouer un archet très souple mais la diversité du son passe par la vibration de la corde, laquelle dépend de la rigidité ou de la souplesse de la baguette. Casals jouait un Voirin de 70 grammes, et il est vrai que, moins dures qu'aujourd'hui, la nature des cordes s'y prêtait. Mais je constate que personne n'a jamais produit une sonorité plus subtile que ce dernier.

En ce qui concerne la restauration, il y a des petites innovations. Par exemple, ce n'est que depuis quelques années qu'on sait bien réparer une tête d'archet fracturée, en greffant une nouvelle pièce, dont il convient auparavant de choisir méticuleusement la couleur, pour des raisons esthétiques, la qualité du bois, et surtout le poids, car l'équilibre de la baguette en dépend. En effet, bien plus que le poids, l'équilibre joue un rôle fondamental.

La cambrure n'a-t-elle pas évolué ?

A l'époque de Tourte et de Peccatte, les archets étaient un peu moins cambrés, et l'on voit tout de suite si un archet du début du 19è siècle a été recambré. On peut en effet cambrer une baguette molle ou en décambrer une autre qui s'avère trop ferme. Mais il faut savoir s'arrêter... Les musiciens se montrent souvent très exigeants, mais ils ne comprennent pas toujours les subtilités du mécanisme. Il n'existe pas d'archets à tout faire, et le triple mariage de l'archet, de l'instrument et du musicien entraîne des scènes de ménage, au point que, de rage, certains seraient prêts à casser leur baguette par frustration. Le coup de foudre pour un archet est très rare, et son utilisation implique un certain temps d'adaptation.

Certains archetiers ont expérimenté des formes non conventionnelles. Qu'en pensez-vous ?

Les exigences de l'archet et des musiciens ne nous laissent que peu de possibilités de sortir des « sentiers battus ». Par exemple, le col de cygne de Tourte est très joli mais un peu fragile. Cependant, de même que pour les baguettes octogonales ou rondes, la forme n'a pas d'impact sur le son, qui dépend uniquement du dosage du volume du bois et de son poids.

La hauteur de la hausse et le bouton jouent-ils un rôle ?

La hauteur de la hausse a un peu évolué depuis le 18è siècle. Peccatte la faisait un peu plus haute, Sartory plus basse, et ceci a une influence sur le jeu. Mais tout dépend des baguettes. Quant au bouton, il n'a aucun impact, et un archet ancien dont le bouton a été remplacé ne perd que très peu de sa valeur.

Et la mèche ?


Remèchage

On peut fusiller ou améliorer un archet selon la mèche, dont la fabrication, beaucoup moins simple qu'il n'y paraît, est un travail de spécialiste. Il faut savoir choisir le bottillon qui convient, tenir compte de la souplesse ou de la résistance de l'archet, du calibrage des crins, des souhaits des musiciens. Une mèche de violoncelle pèse environ 7 grammes et comporte environ 220 crins qui ne sont pas tous réguliers, et il faut donc les trier. La mèche tire sur la baguette, et, réciproquement, la baguette tire sur le crin. Or, si on tire sur un crin isolé, il se brise, mais l'homme le plus fort du monde ne parviendra pas à casser une poignée d'une cinquantaine de crins. Il faut donc tenir compte de la rigidité de la baguette et des desiderata des musiciens, si bien que le montage d'une mèche nécessite beaucoup de connaissances et d'expérience. Dans mon atelier, on utilise environ 1 kg de crins par mois.

J'ajoute que l'utilisation du nylon ou d'autres matériaux n'a jamais réussi à produire la finesse du son produite par les crins de cheval de la Mongolie ou d'autres régions des pays froids.

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A PROPOS DU CORDIER

Par Eric FOUILHÉ

Bien des respectables violoncelles de 200 ans échangés sur les ventes, ont attiré mon oeil. En les voyant, j'ai eu un sentiment d'incongruité. Comme devant un meuble de style recouvert de bois synthétique, irrésistiblement attiré par le cordier rutilant en plastique, ne voyant plus que lui, je fulminais que ce string indécent me cache l'instrument. Il y avait quelque chose à améliorer sur ce cordier, ne serait-ce que sur le plan esthétique!

L'évolution des accessoires

Fabricant d'accessoires, je ne m'occupe guère du montage et du réglage, mais j'ai des questions à poser sur l'évolution des accessoires du Quatuor.

Le chevalet, situé en plein milieu, est le centre de gravité acoustique de l'instrument. C'est le point source du son ; aussi est-il bien normal que tous les luthiers apportent un soin extrême à sa conception et à sa réalisation. Faite et refaite si souvent, cette pièce, ouvre le champ à l'expérimentation et à l'usage de petites recettes personnelles.

Une telle focalisation a souvent laissé dans l'ombre les autres accessoires, qui, dans un violon (touche comprise) atteignent le quart de son poids total. Nous sommes loin de l'époque de Stradivari, qui a été jusqu'à dessiner des ferrures, magnifiques charnières d'étui de violon. Notre spécialisation industrielle a réparti les tâches. La fabrication des cordiers, des chevilles, des mentonnières ne sont plus du ressort du luthier à qui leur évolution échappe.

Je me suis demandé pourquoi ces accessoires, honnêtes composants d'un bel objet, d'un bel outil que l'on nomme violon, ont tant évolué. La mentonnière, 5 fois plus grande qu'il y a 100 ans, la pique de cello qui s'est allongée du triple durant la même période, alors que les instruments eux-mêmes ont peu évolué, cela pose question !! Ces accessoires qui sont l'interface, le point de liaison avec le musicien, ont été les premiers à répondre aux modifications techniques demandées par l'évolution musicale et culturelle. Ces transformations des accessoires respectent-elles l'instrument ? Epargnent-elles toutes ses capacités d'outil sonore ?

Pour en venir à notre sujet, il est clair qu'au niveau de sa fonction acoustique et mécanique, un bon cordier ne fera de miracle, ni sur un Strad, ni sur une caisse à savon, même s'il contribue à aider dans bien des situations. S'agissant d'une pièce industrielle d'origine externe à l'atelier, peu de luthiers se sont penchés sur sa conception, si bien qu'au cours des cent dernières années elle a évolué sans tenir compte des besoins acoustiques, mécaniques ou esthétiques de l'instrument.

Par exemple, la diminution notable de la largeur de la tête des cordiers en ébène de Mirecourt au début du siècle s'explique sans doute par le souci d'économiser du bois. De même, on constate que c'est quand la fabrication industrielle a amené à utiliser des ébènes plus poreux et moins bien choisis que la lame d'ébène du cordier post baroque s'est épaissie et a gagné du poids, dans le souci d'éviter un risque de casse

L'évolution industrielle : économie de bois

Cordier violon XIXè, français Large et léger (11.2 grammes)
Cordier violon XXè, français plus étroit, épais, & lourd (13.8 grammes)

Au prix d'une modification esthétique regrettable, l'adoption de la forme en tulipe, à l'allemande, a facilité la fabrication machine, ainsi que l'arrondissement des 2 coins, minimisant ainsi l'arrachement accidentel par une mèche de cheveux ou un vêtement.

L'évolution industrielle : optimisation du travail machine

Cordier allemand (Markneunkirchen 1928)
Cordiers allemands (Mittenwald 1980)

L'intégration des tendeurs, demandée par les musiciens, fut résolue rapidement et solidement, par l'industrie...et quand je dis solide, c'est solide, car deux tendeurs pèsent à eux seuls le même poids qu'un cordier de Mirecourt en ébène...

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CORDES

Par Etienne Cardoze

Pour cette dernière mouture, la rubrique « cordes » fête (enfin oserait-on dire...) son premier dilemme... Comment, en effet, parler d'une corde hors de prix, pourvue de la quasi totalité des qualités qu'on en attend mais pas de l'essentielle, c'est-à-dire le timbre ?)

Comme annoncé dans le numéro 18, nous consacrons cet article aux Larsen graves ­« wire core » tension forte.

Ces cordes sont pour le moins déroutantes : l'attaque est nette, le volume important, la résonance très agréable, le contact facile sous la main gauche et souple sous l'archet. Mais voilà, ça ne suffit pas : passés ces constats, l'interprète cherche une réponse expressive à ses attentes sonores, une densité, un timbre. En vain.

Finalement cette corde s'avère plus pauvre que le « wire-core » tension médiane (pour le Sol tout au moins), plus pauvre que l'« olive » (boyau filé...) et bien-sûr que les « spirocore » tungstène tension forte pourtant beaucoup moins chères.

Car il faut bien aborder la question du coût... Comment recommander une corde dont le Do culmine à 110 euros alors qu'elle laisse l'interprète un peu sur sa faim ?

Il est à noter malgré tout que dans une configuration un peu inhabituelle, un violoncelle moderne joué avec un archet classique, les résonances s'expriment beaucoup mieux et pallient la discrétion du timbre.

Terminons par une bonne nouvelle : après quatre mois d'usage immodéré le Ré « Evah Pirazzi » se porte toujours aussi bien. Justesse, netteté, timbre, chaleur, tout y est !

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Le violoncelliste descend du gorille

« J'ai commencé à réfléchir sur la technique du violoncelle lorsque j'ai regardé un documentaire sur les gorilles. Ce sont de superbes machines, totalement inconscientes des mécaniques du mouvement. Totalement fluides et détendues. Tout d'un coup, j'ai rapproché ceci de ma façon de pratiquer le violoncelle. J'ai cherché à utiliser mes deux mains de manière complètement naturelle et instinctive ».

Jian Wang, l'une des étoiles de l'école de violoncelle chinoise


LE FORUM DU SITE DE L'AFV

Témoignages de visiteurs

Pour beaucoup d'entre nous, internet constitue aujourd'hui un précieux moyen de communication. En créant son propre forum, l'AFV a permis à des violoncellistes de faire connaissance, de comparer leurs expériences, de régler des problèmes techniques, d'échanger questions et réponses, etc. Il s'agit moins d'un panel d'exposés scientifiques, à qui la rubrique « articles » du site est destinée, que d'un lieu de rencontre dont une visiteuse a donné la définition suivante : « Pour ma part, je souhaite que le forum demeure ce joyeux mélange d'amateurs, de pros, de futurs pros, tous animés de ce bonheur particulier que confère le violoncelle, avec ses rencontres, ses éclats de rire, ses querelles à fleuret moucheté et ses digressions... mais aussi ses appels au secours qui rameutent notre petite communauté autour du malheureux qui ne trouve pas le do dièse ou qui a mal au pouce ! » En tout cas, sa fréquentation ne cesse d'augmenter et a plus que doublé au cours de la dernière année. Il nous permet de nous découvrir les uns les autres, et il nous a semblé intéressant de commencer à interroger certains internautes pour notre revue.

UNE ADULTE DÉBUTANTE

A titre d'exemple, plusieurs « grands débutants » échangent régulièrement leurs témoignages sur ce forum. Voici celui de Yanne :

J'ai 40 ans et un passé de flûtiste amateur, petit niveau mais beaucoup de plaisir à jouer avec les copains. Je crois que j'ai toujours eu une envie de violoncelle dans un coin de ma tête mais je n'ai jamais osé, je pensais que je ne parviendrais pas à jouer juste, la logique de l'instrument "aveugle" m'échappant totalement. Le hasard a fait que j'ai eu très envie d'entrer dans un orchestre qui n'acceptait que des cordes, et l'idée du violoncelle a fait lentement son chemin. J'ai posé les doigts sur celui de ma fille et j'ai eu le coup de foudre. J'ai essayé aussi un alto et une lyre crétoise ... sans conviction !


Le violoncelle protège-t-il la volaille de la grippe aviaire ?

J'ai mis tout l'été à me décider, à peser le pour et le contre, et soudain, comme une évidence, j'ai su que j'allais me lancer. J'ai trouvé un prof, un "grand élève" du conservatoire local, qui a fini son 4ème cycle. Il est adorable et implacable, musicien merveilleux et humble, bref, un bonheur ! Je prends une heure de cours par semaine et je bosse en moyenne une heure par jour. Je me régale depuis le premier jour (ça fait 6 mois). Nous avons pas mal cravaché puisque j'ai avalé les 4 premières positions en 5 mois et maintenant, j'essaie de laisser décanter tout ça. Je sens des tas de connexions se faire, des réflexes, des intuitions dont je n'aurais jamais eu l'idée ! Des problèmes ? Mon fa dièse roule et ça m'énerve ! Je vois que je dois bosser beaucoup plus que ma fille pour acquérir les mêmes choses et c'est agaçant mais c'est comme ça ! J'ai un plaisir à jouer que je n'ai jamais trouvé avec une flûte, un piano, une guitare, c'est de l'ordre de la volupté ! J'ai une amie, musicienne professionnelle par ailleurs, qui débute le trombone, et nous jouons ensemble avec beaucoup de plaisir et d'éclats de rire. Par ailleurs, je commence la musique de chambre dans un trio flûte, violon, cello, de petits morceaux baroques où la basse continue est facile. Nous avons joué pour la première fois en public et c'était terrible ... et super ! J'ai commencé avec la "méthode du jeune violoncelliste" de Feuillard, piquée à ma fille : je la trouve très bien. Les études du même auteur sont par contre très ennuyeuses. L'an prochain, en principe, j'intègre un cours de musique de chambre à l'école de musique du coin avec le trio. Eux jouent bien, par contre !

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A PROPOS DES CADENCES...

par Frédéric BORSARELLO

Jeune et comme tous les violoncellistes débutants, j'ai dû passer par les incontournables partitions « Concerto de..., revu et corrigé par... », en général un Allemand, un Tchèque ou un Américain : ces pièces du grand répertoire sont toujours réglées par des violoncellistes méritants (réputation oblige, pour vendre, il vaut mieux...).

Si je peux essayer aujourd'hui de comprendre que certains doigtés et articulations édités (que nos Maîtres n'utilisaient d'ailleurs pas, puisque nous devions, sans contestation aucune, recopier les leurs, pendant des heures...) sont là pour aider l'instrumentiste un peu perdu, il m'est difficile d'accepter le fait que les cadences aussi soient imposées, fussent-elles écrites par les plus glorieux instrumentistes de notre siècle.

Paul Tortelier, grand défenseur des libertés et adepte d'une éducation musicale riche en recherches personnelles, me disait que tous les musiciens devraient passer par les classes d'écriture, pour comprendre les arcanes et les mystères de la composition.

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NAISSANCE D'UNE JEUNE ETOILE ALLEMANDE

Entretien avec Marie-Elizabeth Hecker

Au cours d'un entretien, Philippe Muller nous a fait remarqué que, depuis quelques années, on constatait les progrès spectaculaires de l'école allemande de violoncelle. Les résultats du dernier Concours Rostropovitch confirment cette remarque, et nous avons rencontré Marie-Elizabeth Hecker, totalemet inconnue en France avant qu'elle ne remporte le premier prix à l'unanimité du jury.

Notre association est très heureuse de recevoir vos impressions à l'issue de ce concert. Comme beaucoup, nous vous avons découverte lors du concours Rostropovitch, où vous interprétiez déjà ce concerto de Chostakovitch. Interpréter cette pièce du répertoire n'est donc pas nouveau pour vous et pourtant, un concert et un concours ce n'est pas tout à fait la même chose ?

Pas du tout. Personnellement, je n'aime pas beaucoup les concours. Et je n'ai d'ailleurs participé qu'à un seul concours national avant ma participation au concours Rostropovitch. Pour moi il est important de faire de la musique pour un public qui prend plaisir à vous écouter. Dans un concours tout tourne autour de son propre succès et du gain de ce même concours, ce qui ne va pas de pair avec la musique si on veut la pratiquer d'une manière honnête. Mais en même temps, sans passer des concours, il est très difficile d'obtenir des engagements de concerts...

Vous avez remporté le premier prix du concours Rostropovitch. Qu'est ce que cela représente pour vous? Un aboutissement ou l'ouverture d'une nouvelle voie ? En le préparant, qu'en attendiez-vous? Et aujourd'hui, quel regard portez-vous sur lui ?

Avec ce concours, une porte s'est ouverte pour moi ; je suis littéralement submergée d' engagements, mais je dois prendre garde de ne pas trop en faire, car mes études de violoncelle sont loin d'être terminées. A travers ce concours, j'ai fait connaissance avec beaucoup de musiciens. Ceci était le plus bel aspect du concours. Je n'avais jamais osé rêver de serrer un jour la main de Monsieur Rostropovitch en personne. Pendant la préparation, j'avais pour but de donner le meilleur de moimême. Je voulais jouer de manière à être contente de moi, quel que soit le résultat final. Quand je me remémore le concours aujourd'hui, je pense que j'ai eu le grand avantage d'avoir été totalement inconnue, ce qui fait que personne n'attendait quelque chose de moi. Il est plus difficile de satisfaire des attentes que de surprendre par un résultat positif.

Le concert de ce soir était très émouvant; est- ce une expérience que vous souhaitez revivre au plus vite ?

Oui, ce concert a aussi été pour moi un événement particulier que j'aimerai revivre. Pour la « petite fille », il était impressionnant de voir la liste de tous ces grands musiciens qui jouent dans cette salle habituellement. Et entendre Kissin travailler le piano dans une salle juste en dessous de la mienne était fascinant. Avez vous des projets en cours ? Pour le moment j'aimerais profiter pleinement de la chance qui m'a été offerte de donner un maximum de concerts, de préférence en soliste avec orchestre. Je suis encore en cours d'études et je compte les mener à terme, ce qui n'est pas en contradiction avec une carrière de soliste. Dans un an et demi je vais aller à l'étranger, probablement à New York, pour continuer mes études et faire en même temps d'autres expériences. Dans un avenir plus lointain j'aimerais mener une carrière de soliste mais aussi de musicienne de chambre. Je ne pense pas être un bon professeur, car je manque de patience et j'éprouve de la difficulté à exprimer ce que je veux dans la musique. Mais qui sait ? Peut-être que cela viendra un jour...

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Le violoncelle, acteur de la lutte contre la misère (panneau publicitaire de La Diatonie, la fondation caritative de l'église protestante allemande).

STAGES

L'ACADÉMIE INTERNATIONALE D'ÉTÉ DE MUSIQUE DE CHAMBRE À BUDAPEST

Ce « stage pour bons amateurs adultes », qui se déroulera cette année du 8 au 18 Août, est organisé par l'Association musicale franco-hongroise. Il est dirigé par Richard Weninger, fondateur de l'orchestre de chambre de Hongrie, et Isabelle Oehmichen, pianiste concertiste qui enseigne le piano et la musique de chambre à Paris. Nous nous sommes entretenus avec cette dernière.

Votre parcours professionnel est assez singulier, puisque vous avez commencé par pratiquer la danse, avant de vous mettre sérieusement au piano à l'âge de 18 ans, si sérieusement qu'après avoir obtenu le prix Cziffra, vous donnez régulièrement des concerts en soliste, et avez créé le Trio Primavera. Et depuis quelques mois, vous vous êtes mise au violon !

A force d'enseigner la musique de chambre, je ressentais en effet le besoin de pratiquer un instrument à cordes. Je pense que pour un professeur, vivre l'expérience d'un amateur dans le domaine d'un instrument qui n'est pas celui qu'il pratique sur le plan professionnel s'avère très enrichissante. On se met dans la peau d'un adulte non professionnel qui s'y connaît en musique. Avec des adultes de bon niveau, il convient de dialoguer davantage et de tenir compte de leur propre vision de l'interprétation de telle ou telle partition, tout en leur donnant des conseils destinés à les faire progresser. De ce point de vue, ma double expérience de pianiste professionnelle et de violoniste amateur a modifié mon approche lorsque j'encadre le stage de Budapest.

Quelle est l'origine de ce stage ?

Ce stage date de ma rencontre avec Richard Weninger, chef et fondateur de l'orchestre de chambre de Hongrie, qui a dirigé l'Académie Franz Liszt pendant 25 ans, et qui a acquis une grande expérience de l'enseignement de la musique de chambre, alors que j'étais moi-même passionnée par l'enseignement aux adultes amateurs. A cette époque, je nourrissais le projet de créer à Paris un conservatoire pour très bons amateurs leur permettant de suivre des cours au même niveau que les pros. Cette catégorie de musiciens est en effet mal servie et souvent méprisée. Tous les professeurs ne prennent pas en compte leur potentiel : ils ne réalisent pas qu'on peut les faire progresser, quel que soit leur âge. Lorsque j'en ai parlé à Richard, il m'a fait remarquer que la Hongrie disposait de structures formidables pour réaliser cette idée, et c'est ainsi qu'est né notre stage annuel en 2001.

De quelles structures parlez-vous ?

Les locomotives.

Le stage se déroule dans un train ???

Je dis que les locaux motivent ! Excusez ce mauvais jeu de mot... Je veux en effet parler du fait que nous avons à notre disposition Le Conservatoire Supérieur de Budapest. Soit 40 studios équipés de pianos à queue et une salle de concert. En outre, un hôtelier mélomane nous a consenti une réduction de 30% sur le prix de ses chambres situées en centre ville, à proximité du conservatoire, dont les portes sont ouvertes à nos stagiaires de 9 heures à 18 heures, y compris en dehors des cours journaliers qui leur sont dispensés. Et je dois dire que la plupart d'entre eux prennent plaisir à travailler comme des fous pendant la journée, même s'ils profitent de l'atmosphère de Budapest et du Danube le soir.

Comment constituez-vous les groupes ?

Nous accueillons certains groupes déjà constitués, mais en général, il nous incombe de les former en fonction des instruments présents et du niveau. Nous bloquons le nombre de pianistes à un maximum d'un tiers des participants, et, pour cette année, nous avons déjà inscrit des instruments à vent, des bons violonistes et altistes, mais nous manquons encore de violoncellistes. A toutes fins utiles, je signale qu'on peut louer pour un tout petit prix des violoncelles sur place pour éviter de les transporter, et qu' Akos Pasztor, violoncelliste soliste et professeur de musique de chambre à l'Académie Franz Liszt, fait partie de l'équipe des professeurs.

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LES BONNES QUESTIONS À SE POSER POUR RECHERCHER UN STAGE POUR AMATEURS

Extrait du forum du site www.levioloncelle.com

Bonjour, j'organise depuis 5 ans des stages de musique de chambre pour adultes amateurs avec l'association ARIA. Pour ma part, je pense que les bonnes questions à poser aux organisateurs de stage sont les suivantes :


DISQUES ET DVD

Réflexions sur la rubrique cd/dvd

Depuis quelques mois, j'ai pris en charge avec enthousiasme la rubrique des sorties de cd et dvd qu'avait assurée pendant plusieurs années Marie-Paule Milone et je vous livre ici mes premières réflexions. Tout d'abord, je constate que le violoncelle bénéficie de beaucoup de parutions : j'aurais moins de travail si je m'occupais du trombone à coulisse !!! Les contenus de ces parutions ne se ressemblent pas d'une rubrique à l'autre et, cette fois-ci, je n'ai répertorié qu'une sortie de cd pour les ensembles de violoncelles mais beaucoup de musique de chambre, ainsi que de nombreuses oeuvres inédites ou contemporaines. J'apprécierais que, si certains d'entre vous repèrent des parutions hors grande distribution et hors musique "classique", ils me les signalent en écrivant à l'adresse de l'AFV car j'ai le souhait d'élargir la rubrique à toutes les musiques, ce qui complique la tâche. , Cette rubrique ne comporte aucun jugement ni aucune critique et se contente d'indiquer les interprètes (les violoncellistes en particulier), les compositeurs et les oeuvres, ainsi que les références des ouvrages cités. Je m'efforce de toujours trouver le nom du violoncelliste, ce qui représente parfois une épreuve de force, dans le cas d'ensembles constitués en musique de chambre. Je vous demande par avance de l'indulgence et compte sur votre collaboration afin d'enrichir cette rubrique.

Fabienne Ringenbach

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LE COIN DES ENFANTS

Sur le forum du site de l'AFV (www.levioloncelle.com), des visiteurs se sont amusés à citer des mots d'enfants dont nous publions quelques uns.

L 'autre jour, une jeune élève de l'école de musique jouait son nouveau morceau. Après 3 lignes en Pizz, elle arrive à un passage marqué Arco. "Qu'est ce que ça veut dire Arco?" lui demande mon collègue, le prof de violon. Réponse attendrissante de la petite fille : "Ben, je sais pas... : à r'commencer...".

Ma prof m'a raconté qu'un de ses petits élèves lui avait demandé. : "Qu'est ce que c'est que le bonhomme sur la partition". En réalité il parlait d'un point d'orgue qui surplombait une ronde !

Une ado débarque : "je voudrais un livre sur "Vosèque" (il faut le dire "avé l'assent : vosèquo) mais je sais pas qui c'est... " Moi, perplexe : Vosèque... Vosèque... cerveau qui tourne à 100 à l'heure... Vosèque... eureka ! : "tu veux dire Wozzeck ? L'opéra de Berg ?" Elle : "Ché pas, c'est pour l'prof !" Enseignez donc la musique aux lycéens !!!

Je donne à travailler à une jeune élève un petit concertino en Do Majeur. Je mets les coups d'archet et les doigtés sur le début, mais je sens la petite fille inquiète. Je lui demande ce qu'il y a. "Je n'y arriverai pas..." - "Mais pourquoi ? tu connais toutes les notes et les rythmes de ce morceau" "Non, je ne pourrai jamais réussir à le jouer : au dessus de la partition c'est marqué en gros C dur".

Deux petites débutantes, Fanny et Cloé, veulent essayer de jouer sur de grandes chaises (la promo, quoi !). En voyant sa copine installée avec son cello et les pieds balançant dans le vide, Fanny me dit : "Regarde, Cloé n'a pas pied !" C'est ce qui s'appelle s'immerger dans la musique.

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LE VIOLONCELLE AU BORD DE LA MER


La couverture du numéro 16 de notre revue représentait déjà une violoncelliste debout sur une plage.

A en croire l'affiche olé olé du festival de Divonne, l'association d'un violoncelle, de l`océan et d'une femme s'avère roborative.

Dans le film « Lost and Found », la violoncelliste porte au moins un jupon...

Sous d'autres tropiques, ce thème est repris de manière plus pudique sur le dépliant de l'Atelier de lutherie de Saint Pierre et Miquelon, où des artisans « perpétuent la grande tradition française de Mirecourt, en utilisant des bois âgés de plus de trois cents ans provenant du Jura et des Vosges ».

Mais plutôt que de se noyer sous la Water Music de Haendel, mieux vaut encore utiliser son instrument pour appâter les poissons !

Spectacles musicaux montés par des étudiants

Entretien avec Mathias Szpirglas

Peux-tu nous dire quelques mots de ta formation musicale ?

Mes parents sont de bons flûtistes amateurs, et, au CNR de Meudon, j'ai étudié le violoncelle, que j'avais commencé à l'âge de 5 ans. En 1995, nous avons monté un petit ensemble ; pendant dix ans, j'ai fait beaucoup d'orchestre et tenu le rang de chef de pupitre dans un répertoire varié allant de Purcell aux compositeurs contemporains. Avec une bande de copains nous avons aussi monté des spectacles musicaux (Le Beau Danube Bleu, puis du Debussy et du Bartok).

Nous avions dénommé notre orchestre de chambre « La Dernière minute », parce que nous n'étions jamais prêts avant la dernière minute. C'est là que j'ai vécu mes premières expériences de direction d'orchestre.

Un peu plus tard, je suis entré à l'Ecole Normale Supérieure de Cachan, où il n'y avait pas assez d'étudiants musiciens pour monter un orchestre. Je me suis rabattu sur des spectacles musicaux, où l'humour tenait une grande place.

N'as-tu jamais songé à faire une carrière de musicien professionnel ?

Si, mais j'ai très tôt décidé de conserver ma liberté par rapport à la musique afin de ne pas perturber le plaisir intense qu'elle me procure. Lorsque j'ai rejoint l'orchestre universitaire de Rennes, le chef pensait qu'on ne pouvait pas faire de nuances avec des amateurs et je lui ai prouvé le contraire.

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LE VIOLONCELLE, OBJET DE TENDRESSE